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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 19:42

Sous prétexte d'un différentiel de compétitivité avec l'Allemagne, à partir d'une analyse très orientée, le gouvernement lance une offensive pour abaisser les cotisations sociales et les impôts des entreprises et flexibiliser davantage l'emploi. Après Laurence Parisot, Nicolas Sarkozy, Manuel Vals, Eric Besson, nous avons entendu les thuriféraires de la pensée économique dominante nous ressortir le mantra néolibéral du " si la France va mal, c'est parce que les coûts du travail sont trop élevés ". Tout ce monde a dû se régaler en entendant le ministre allemand de l'économie affirmer sans rire " Nous avançons avec des bottes de sept lieues, alors que d'autres suivent en marchant en canard ".

Opportunément, la patronne des patrons  oublie de préciser que le nombre d'heures de travail annuel en Allemagne culmine à 1310 heures quand, en France, nous en sommes plutôt à 1470 l'année dernière. De manière plus fondamentale encore, le Medef minimise systématiquement une statistique  pourtant essentielle : la productivité horaire des salariés français, notablement supérieure à celle des autres pays. Dans la même veine, tout ce monde se garde bien d'évoquer les 30 milliards d'euros offerts chaque année aux entreprises sous forme d'allégements de charges. Et si dans ce contexte on parlait du coût du capital? Le chômage et la pauvreté de masse explosent. Les salaires sont écrasés. L'investissemnt productif a chuté,de même que l'effort de recherche et développement : 2,16% c'est, en pourcentage du PIB, ce que représentent les dépenses R&D en 2010. En revanche, en 2009, les revenus distribués par les sociétés non financières, essentiellement  des dividendes, se sont élévés à 236,4 milliards d'euros. Ils ont été multipliés par 2,3 depuis 2000. A partir de 2004, leur montant a été supérieur à celui des investissements des entreprises. Entre 2008 et 2009, au coeur même de la crise, si les investissements ont diminué de 210 à 191,9 milliards, les revenus distribués  par les entreprises ont continué par monter, passant de 233,3 à 236,4 milliards d'euros.

Ce coût exorbitant du capital est l'un des facteurs qui explique la détérioration de la position de la France dans le commerce mondial. Cela d'autant que les dividendes ne représentent qu'une partie de l'énorme accumulation financière des entreprises.

Non, le coût du travail n'est pas trop élevé. C'est la rapacité de l'oligarchie qu'il faut attaquer. En ce sens, les propositions du Medef d'augmenter la TVA et la CSG pour réduire le coût du travail constitue une véritable supercherie. L'Heure est à une remise en cause radicale de l'usage de l'argent, public, comme celui, privé, issu du travail. Dès lors qu'on met un euro public dans une activité, le citoyen doit avoir le droit de demander des comptes sur l'utilisation de cet euro.

 

 

Auguste BECHLER    

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Published by PCF Haut-Rhin - dans Points de vue
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