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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 19:13

Il est à craindre que les gesticulations hypermédiatisées d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, aux sommets de la zone euro ne seront d’aucun effet pour faire reculer la crise européenne. Ces «moralisateurs» du capitalisme ont beau parler la novlangue, à savoir «rassurer» les marchés, «gouvernance» européenne, ou encore «saut fédéral», ils ne parviendront pas à masquer longtemps la réalité. Ainsi, on demande quelque chose d’impossible à la Grèce : ce pays a besoin de croissance et l’austérité le condamne à la récession. Mais plus généralement, voudrait-on nous faire oublier, quand les bulles spéculatives sur les marchés des changes, des matières premières et des produits agricoles éclatent les unes après les autres, qu’il ne s’agit en aucun cas de fatalité. La preuve que non, nous est fournie par un récent rapport de la Conférence des Nations unies pour la coopération économique et le développement (CNUCED). Celui-ci établit que toutes les politiques de contraction des dépenses publiques, qu’elles aient été conduites par le FMI ou par l’UE, ont provoqué des ralentissements plus importants que ce qui était prévu.

De plus, ce rapport éclaire notamment le fait que depuis le mois de juillet, le prix du pétrole suit à la minute celui du marché des actions, et n’a plus rien à voir avec la réalité de l’offre et de la demande. Et ce sont bien les géants du système financier international, encore largement dominé par Wall Street et la City (banques, assurances et fonds de pension) c'est-à-dire l’ossature des «marchés», qui sont les véritables opérateurs de la spéculation. Ils ont concentré entre leurs mains le contrôle sur les principales firmes, ce qui explique les exigences de rentabilité  très élevées qui pèsent aujourd’hui sur la plupart d’entre elles, et par conséquent, la mise en concurrence des salariés au plan mondial. Sait-on, par exemple, que la banque anglaise Barclays possède plus de 300 filiales dans les paradis fiscaux? Il apparaît ainsi urgent, de mettre fin à cette pratique scandaleuse des banques offrant des crédits bon marché aux spéculateurs, en isolant les activités de casino, et de redéfinir ce qu’est une banque en la cantonnant au financement de l’activité réelle.

Or, l’Europe vit depuis plusieurs années à l’heure de politiques dites de modération salariale, raison de l’augmentation du chômage. D’où ce cercle vicieux : les salaires sont faibles  parce qu’il y a trop de chômage. Et celui-ci ne diminue pas parce que la demande et la croissance sont en panne. Il faut sortir de ce piège. L’autre piège tendu par les tenants de l’austérité, consisterait à nous aligner sur les orientations de l’Allemagne qui s’est acquis un avantage de compétitivité sur ses partenaires en pesant sur  les salaires et les dépenses sociales. C’est cette orientation politique allemande que la Commission européenne voudrait imposer à l’ensemble des pays de la zone euro, qui est à l’origine des graves déséquilibres d’aujourd’hui en Europe.

Il faut faire exactement le contraire  et demander à l’Allemagne de laisser progresser ses salaires et donc sa demande intérieure en retournant à un taux d’inflation de 2% conforme à l’accord européen. Dans le même temps les critères de financement de la BCE doivent être décidés par les parlements nationaux et européen afin qu’ils servent non à des exonérations  de cotisations sociales ou à l’expansion de la sphère financière, mais à renforcer la capacité de la zone euro à dégager de la valeur ajoutée, ce qui permettrait de consolider l’emploi.

Auguste BECHLER

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