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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 22:56

Les récentes élections municipales viennent de confirmer une règle à l’œuvre depuis 35 ans. La majorité en place est comme à chaque fois sérieusement sanctionnée. Les résultats, au-delà des changements de couleur politique, marquent une nouvelle fois une déconsidération de la politique en son sens le plus noble. Ils soulignent une lassitude, quand ce n’est pas un écoeurement, des successives politiques qui ont laissé s’installer un abîme au point d’avoir oublié l’urgente nécessité de faire société. Les ruptures de la cohésion sociale ont suscité une sanction, à commencer par celle d’une aggravation de la désaffection des urnes. Le climat nauséabond de comportements personnels douteux, des combines et de la corruption, et surtout l’alignement des deux principaux partis sur les normes austéritaires et antidémocratiques des institutions européennes ont fortement favorisé cette abstention et les poussées extrémistes de droite. Pas étonnant que l’espoir déserte quand le mépris ou l’indifférence l’emporte sur le respect de la dignité, qui est au cœur même de l’exigence de vérité. Autrement dit, la démocratie est en très grand danger.

Déjà Montesquieu notait que la démocratie , accordant à tous une parcelle de pouvoir, est exposée à la confusion permanente des intérêts privés et bien public. Il montrait, que «mandatés sans autre garantie que le suffrage universel, les gouvernants doivent en quelque sorte s’oublier eux-mêmes et réprimer jusqu’à leurs propres penchants à n’exercer le pouvoir qu’en fonction de leur personnelle jouissance, ou de la jouissance des milieux dominants (les riches en règle générale).» Dans la continuité, les révolutionnaires français appellent «corruption» l’asservissement de la puissance gouvernementale au cours des affaires et aux opinions intéressées, alors que le dirigeant bourgeois Guizot ne voit d’autre mot d’ordre acceptable que son fameux : «Enrichissez-vous !».

Aujourd’hui donc, la démocratie électorale n’est représentative qu’autant qu’elle est d’abord représentation consensuelle de «l’économie de marché». Au vrai, c’est la définition de la démocratie qui pose problème. Tant qu’on sera persuadé comme les libéraux, que la démocratie réside dans le droit illimité de la propriété privée et le libre jeu des intérêts de groupes ou d’individus déterminés, on la verra s’abîmer, lentement ou promptement dans une corruption sans espoir. C’est que la démocratie véritable est tout autre chose. Elle est l’égalité devant l’Idée, devant l’Idée politique. Il s’agit donc qu’une majorité de citoyennes et de citoyens travaille à émanciper la démocratie de la domination des fondés de pouvoir de la haute finance. Il est temps que le peuple reconquiert sa souveraineté. Toutes les forces républicaines sont au pied du mur. Leur démarche politique, leur mode fonctionnement éloigné des préoccupations populaires sont plus que jamais questionnés.

Auguste Bechler

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Published by PCF Haut-Rhin - dans Points de vue
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