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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 20:48

Lors de ses vœux aux corps constitués, François Hollande s’est livré à une charge violente contre les «coûts» de l’Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales.

Rien d’étonnant. Le 31 décembre déjà, alors qu’une majorité de Français voyaient se profiler une année 2014 inquiétante placée sous le signe d’une hausse de la TVA, il accordait la priorité aux revendications du grand patronat (baisse des cotisations via un pacte de responsabilité des entreprises…). A tel point que Pierre Gattaz satisfait l’a applaudi. Et pour nous rassurer, le ministre du budget Bernard Cazeneuve justifie l’attitude du chef de l’Etat en ces termes : «Il ne s’agit pas d’un changement de cap, il ne s’agit pas d’une nouvelle politique, il ne s’agit pas d’un tournant, il s’agit d’un approfondissement et d’une accélération.» Quoiqu’il en soit, cette rhétorique ne pourra pas masquer que ce programme est à mille lieues des promesses faites par François Hollande à son meeting du Bourget. N’oublions pas qu’à peine élu, il a fait le choix d’octroyer un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros par an sans conditions aux entreprises, financé en grande partie par un relèvement de la TVA. Le 29 avril 2012, devant un parterre de 300 patrons il déclarait : «Notre premier devoir, c’est de stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays. C’est d’abord le rôle de l’école.» De l’université, à la formation professionnelle, en passant par les rythmes scolaires, le dé-tricotage de l’éducation nationale s’inscrit dans la continuité du précédent quinquennat.

En matière de sécurité, le nouveau crédo socialiste consiste en un alignement idéologique sur une orientation politique de droite, thème de prédilection de Manuel Vals qui y flaire un créneau porteur pour ses ambitions politiques. A cela s’ajoute la remise en cause de la fonction redistributive de l’Etat et de son pouvoir d’intervention face aux plans de liquidation d’entreprises aux effets redoutables pour la vie économique et les territoires. Et lorsqu’en mai 2012, Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances affirmait : «La dette publique est un ennemi» il accordait ses violons avec ceux des autres dirigeants européens, plaidant pour la rigueur budgétaire et la réduction des déficits publics à marche forcée.

C’est dans ce contexte que François Hollande et le gouvernement, au prétexte d’urgence, entendent recourir aux ordonnances pour faire avancer les dossiers. Mais qu’est-ce que cela veut dire, sinon que l’on a peur non seulement de la représentation parlementaire, mais que l’on ne veut entendre le peuple, qu’on ne veut pas de l’expression des citoyens, des salariés et de leurs organisations, de leurs syndicats, qu’on refuse leur indignation et leur révolte face aux injustices.

Le temps est venu de démontrer que la démocratie est l’outil et le moteur pour la construction d’un monde commun.

Auguste Bechler

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