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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 20:23

Comment ne pas éprouver de la joie et de la fierté devant le mouvement démocratique et populaire tunisien qui a fait tomber Ben Ali. Certes, rien n'est encore joué, dans un contexte où il reste à déjouer les provocations des forces de police et les bandes armées financées par le dictateur en fuite, ainsi que les manoeuvres politiciennes de ceux qui l'ont soutenu inconditionnellement. Les défis sont immenses dans un pays qui a été privé de démocratie pendant plus d'un tiers de siècle. Les vrais acteurs de cette révolution - les syndicalistes, la société civile, les jeunes, les forces démocratiques qui avaient été réduites à la clandestinité - actuellement écartés des discussions concernant l'avenir de leur pays sont en droit d'exiger leur contribution à la construction d'une architecture constitutionnelle à la mesure des attentes du peuple qui  garantisse toutes les libertés, instaure un Etat de droit afin d'empêcher tout retour en arrière.

Il s'agit aussi d'en finir avec cette relation UE-Tunisie basée sur une application à la lettre des plans d'ajustement du FMI qui a permis à des groupes français et européens de faire main basse sur l'immobilier, le tourisme et des secteurs industriels comme l'habillement, la sous-traitance automobile ou même l'agroalimentaire, une relation qui tient plus du pillage que du soutien au développement.

Il est intéressant de noter que l'onde de choc provoquée par la chute de Ben Ali et les défis posés, suscitent chez les dirigeants des pays voisins du Maghreb la crainte de subir le même sort. Et que dire de l'agitation des chancelleries occidentales, même si c'est avec la discrétion qu'impose la caution qu'elles donnèrent à l'ancien régime. Récemment encore, Nicolas Sarkozy paradait en Tunisie en compagnie de Ben Ali, et le directeur général du FMI voyait en sa politique  un modèle pour les pays émergents. Sans doute cela explique t-il, mais sans la justifier, la scandaleuse attitude de la ministre Alliot-Marie qui alors même que des dizaines de Tunisiens étaient déjà tombés sous les balles de la police de Ben Ali, proposait au tyran le renfort de l'expertise policière  française pour réprimer les foules. Le gouvernement français aura du mal à faire admettre qu'il est maintenant aux côtés du peuple tunisien.

Auguste Bechler

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Published by PCF Haut-Rhin - dans Points de vue
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commentaires

Lourdel Yves 26/01/2011 23:28


Je réagis tardivement mais tant pis, c'est le temps de la réfléxion.
Vous croyez vous à la fable du petit vendeur de fruits à la sauvette largement diplomé qui s'est immolé par le feu parce qu'on lui a confisqué son étal?
Une révolution ne se fait pas comme ça. C'est l'accumulation du mécontentement d'une partie notable de la société contre le pouvoir en place qui fait bouger les choses. Passage du quantitatif au
qualitatif cher à Marx.
Yves LOURDEL


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