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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 21:15

La mise en place chaotique et contestée de la réforme des rythmes scolaires provoque beaucoup de mécontentement c’est une réalité. Et la droite qui ne pense pas plus aux rythmes scolaires qu’aux enfants mais pense aux élections est mal venue pour parader dans les médias, elle qui a supprimé 80.000 postes d’enseignants.

Cela dit, malheureusement dans cette affaire, la majorité ne pourra pas se contenter de donner du temps au temps. La réforme des rythmes scolaires concerne six millions d’élèves, dix millions de parents et 350.000 enseignants des écoles. Et si son intention sur le fond pouvait être louable, elle souffre de nombreux vices cachés : le manque d’approbation des enseignants, un financement insuffisant qui va renforcer les inégalités territoriales ou encore l’absence d’ambition pour un véritable service public du périscolaire. Autant de pistes que le gouvernement va devoir explorer s’il veut se sortir du piège dans lequel il s’est lui-même enfermé.

Ouvrir rapidement une large concertation avec les animateurs, les enseignants, les familles et les élus sur les modalités d’application reste aujourd’hui indispensable.

Comme au départ aucun financement pérenne n’a été envisagé par le gouvernement pour aider les communes sur le long terme, cela ne passe pas auprès des élus locaux déjà confrontés à des baisses drastiques de dotations. Il n’a donc pas le choix : son engagement budgétaire doit être clair pour instaurer un financement pérenne de cette réforme et mettre su pied un système de péréquation entre les communes s’il veut garantir l’égal accès à une offre éducative ambitieuse.

Concernant les activités périscolaires, au lieu d’être tenté de déscolariser certaines disciplines, comme le sport ou la musique en s’en déchargeant sur les collectivités locales, le gouvernement doit avoir l’ambition de créer un service public de loisirs et de l’accueil de l’enfant, garantissant un statut et une formation à tous les animateurs, ainsi que la gratuité des activités.

Et comme la mise en application de la réforme a été mal pensée en maternelle, le gouvernement ne doit pas laisser perdurer cette situation. La spécificité de la maternelle doit être prise en compte dans cette réforme qui doit exclure à tout le moins certaines organisations comme celles qui amputent la sieste.

Enfin, il s’agit d’arrêter de faire croire qu’un «bon» rythme scolaire est la clé d’un meilleur apprentissage. Le gouvernement aurait tout à gagner à remettre, autant que faire se peut, la question des rythmes à sa juste place. Et s’attarder sur des questions vraiment cruciales comme la réduction des effectifs en classe, la formation initiale et continue des enseignants ou encore la révision des programmes.

Auguste Bechler

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Published by PCF Haut-Rhin - dans Points de vue
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