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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 19:53

Lors de sa conférence de presse, le président de la République a dévoilé les contours de ce qu’il appelle son « pacte de responsabilité » Cela mérite débat. Par exemple, depuis vingt ans les organisations syndicales exigent que les aides à la création d’emplois soient soumises à des contreparties effectives, alors qu’elles profitent d’abord aux actionnaires. Et ce n’est pas l’enthousiasme du MEDEF pour l’initiative présidentielle qui va les rassurer. Elles craignent à juste titre que sous couvert de « baisse des charges qui pèsent sur le travail », la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés, la montée en puissance du CICE, constituent un nouveau cadeau aux entreprises sous forme de suppression de tout ou partie des cotisations d’allocations familiales. En fait, c’est une partie de la rémunération salariale socialisée au profit des familles qui serait amputée. Le financement serait basculé sur l’impôt. Au travers de cette opération le risque serait grand de voir rapidement diminuer les prestations correspondantes.

Il s’agit donc de veiller à confirmer la cotisation comme moyen privilégié de couverture des besoins dont les racines sont à chercher dans le programme national de la Résistance de 1944 instaurant le droit à la santé pour tous. Et dans le contexte d’aujourd’hui prendre d’urgence le relais de la lutte pour faire de la Sécurité sociale non plus une coquille vide livrée au privé, mais comme nous y invitaient Ambroise Croizat nommé ministre du Travail en novembre 1945 et son équipe, en faire « un vrai lieu de solidarité, un rempart contre la souffrance et l’exclusion ».

Ce qui oblige à revenir sur le « pacte » lui- même. On sait que depuis les années 1980 le patronat a multiplié ses exigences d’exonérations de cotisations sans jamais honorer ses promesses d’embauches en contre-partie. Il faut donc que le gouvernement dise clairement qu’il n’y aura pas non plus d’aide automatique .Veillons à ce qu’aucun avantage ne puisse être accordé sans vérification de la création réelle d’emploi, et que les entreprises qui sacrifient l’emploi soient pénalisées. Imposons une surcotisation aux entreprises qui abusent du recours aux CDD ; mettons en place un système de modulation de la cotisation en fonction de l’emploi de la branche ou de l’entreprise ; créons une contribution sur les actifs financiers afin que la priorité soit accordée à la discussion des emplois qui ne doivent plus leur servir comme une variable d’ajustement.

Auguste Bechler

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Published by PCF Haut-Rhin - dans Points de vue
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